Protéger la personne à qui vous parlez
Utilisez My Words pour la conversation simple, et arrêtez-vous au point où vous n'êtes plus certain. L'outil est conçu pour rendre ce point visible pendant que la conversation se déroule encore. Il ne remplace à aucun moment votre responsabilité professionnelle ni votre jugement.
Comment une traduction est produite et vérifiée
Un usage sûr commence par savoir ce qui arrive à un tour de parole avant que l'autre personne ne le lise. Rien de ce qui suit n'est un réglage à activer : cela se produit à chaque tour, à chaque fois.
- Il traduit en contexte. Le tour de parole est transmis à un modèle de langage avec la conversation en cours, les faits consignés sur la situation et votre vocabulaire métier. Il n'est pas traduit comme une phrase isolée.
- Il évalue son propre travail. Un second appel, distinct, attribue à cette traduction un score de fidélité par rapport au texte source : porte-t-elle le même sens, le même registre, les mêmes détails ? Le score est un nombre, et il est rattaché à ce tour de parole.
- Un mauvais score déclenche automatiquement une action. Si le score passe sous le seuil configuré, l'outil réécrit la traduction avant même que l'autre personne ne la voie. Les deux versions restent dans l'enregistrement. Personne n'a besoin de repérer le problème pour qu'il soit corrigé.
- Là où il ne peut pas être sûr, il demande au lieu de deviner. Si le texte source lui-même ne peut pas être traduit avec certitude, phrase inachevée ou terme pouvant signifier deux choses très différentes, l'outil renvoie à son auteur une question courte et précise dans sa propre langue, puis attend. Il ne choisit pas une interprétation pour poursuivre.
L'intervenant voit une courte mention à côté du tour de parole indiquant ce que cette vérification a trouvé. Lorsqu'aucun score n'existe pour un tour, l'espace reste vide : un tour non vérifié n'est jamais présenté comme un tour vérifié.
Un outil qui note son propre travail et renvoie une question quand il ne peut pas être sûr vous donne de quoi agir pendant que la conversation est encore en cours. C'est ce que le reste de cette page suppose que vous avez sous les yeux. Quand il n'est pas sûr détaille les deux mécanismes.
Où s'arrêter
Cet outil est conçu pour les conversations simples : les vingt minutes à l'accueil qui seraient sinon reportées faute de langue commune. Les traiter ici, c'est ce qui préserve du temps d'interprète pour les conversations qui en ont réellement besoin. My Words n'a pas vocation à remplacer un interprète humain qualifié dans des situations officielles, juridiques, cliniques ou à haut risque, et les catégories ci-dessous restent toujours hors périmètre, quelle que soit l'aisance apparente de l'outil.
- Évaluations et décisions réglementairesDécisions relevant de l'obligation d'hébergement, évaluations médico-sociales, évaluations de capacité juridique, et tout ce dont l'enregistrement fonde une obligation légale.
- Procédures et conseils juridiquesTribunal, juridiction spécialisée, audition par la police, conseil juridique formel, et tout ce qui sera examiné à titre de preuve.
- Consultation et consentement cliniquesDiagnostic, options thérapeutiques, consentement à un acte, consignes de prise de médicaments.
- Entretiens formels de protection des personnesLorsque le récit lui-même est recueilli et servira de fondement.
- Toute conversation dont une erreur serait difficile à rattraperSi un malentendu ne pouvait pas être détecté et corrigé dans les minutes qui suivent, ce n'est pas le bon outil.
Le contexte que le système relève, y compris les facteurs de risque
Au fil d'une conversation, My Words extrait des faits structurés de ce qui est dit et les reporte dans les tours suivants. Chacun est stocké avec la catégorie à laquelle il appartient et un indice de confiance, et peut être épinglé, corrigé ou remplacé à mesure que la situation évolue.
Une bonne partie de ce qui remonte ainsi touche au risque, parce que c'est ce dont les gens parlent réellement à un accueil : santé mentale, arriérés de loyer, statut d'occupation du logement, demande de prestation bloquée, composition du foyer, âge d'un enfant. Cela remonte sans que quiconque ait conduit une évaluation, et c'est tout l'intérêt. Une personne qui explique sa situation dans sa seconde langue ne devrait pas avoir en plus à savoir quel détail était le détail important.
La manière de lire cela compte autant que ce qui est relevé : des règles l'encadrent donc.
- Il fait remonter. Vous évaluez. Un fait extrait est une invitation à exercer votre jugement professionnel. Ce n'est jamais un constat, une note attribuée à la personne, ni une évaluation de protection, et rien de ce qu'il produit n'a sa place dans un dossier comme s'il s'agissait d'une évaluation que vous auriez menée.
- Un panneau vide ne signifie rien. L'absence d'un fait n'est ni un feu vert, ni la preuve qu'il n'y a rien. L'outil passera à côté de certaines choses, en particulier quand une personne pèse ses mots, ce qui est précisément la situation la plus importante. Ne prenez jamais un écran silencieux pour une garantie.
- Chaque fait porte un indice de confiance, et vous pouvez le voir. La confiance décrit la certitude de l'extraction, et ne dit rien de la véracité du fait. Vérifiez tout ce sur quoi vous vous apprêtez à agir.
- Il ne remplace pas votre procédure de protection. Vos seuils, vos circuits d'escalade et vos obligations légales sont inchangés. Si votre procédure dit de signaler, signalez, que l'outil ait relevé quelque chose ou non.
- Ce n'est pas un instrument de dépistage ou de tri. Il n'a pas été validé comme tel, il n'est pas proposé comme tel, et il ne doit pas servir à décider qui est reçu, dans quel ordre, ni à quel niveau de service.
- Corrigez ce qui est faux. Un fait laissé sans correction se reporte sur tous les tours suivants et façonne les traductions qui viennent après. Cela vaut pour la tranche d'âge et le genre autant que pour le reste.
Si cette fonction existe, c'est parce que les barrières linguistiques masquent le risque : une personne qui explique une situation difficile à travers un outil en dit moins qu'elle n'en dirait, avec ses propres mots, à quelqu'un qui les parle. S'il faut s'en méfier, c'est parce qu'un outil qui semble guetter le danger invite à cesser de le guetter soi-même.
Il ne remplace ni la responsabilité professionnelle ni le jugement
My Words est un outil d'appui à l'intérieur d'une conversation qu'une personne conduit. Il traduit, il note son propre travail et il vous dit quand il n'est pas sûr. Il n'évalue pas, il ne décide pas, et il ne porte aucune responsabilité professionnelle pour ce qui se passe dans la conversation. C'est vous qui la portez.
Cela compte surtout au moment où l'outil paraît le plus convaincant. Une traduction fluide assortie d'un bon score reste une traduction, et le jugement sur ce que la personne veut dire, sur ce qu'elle a compris, sur le risque présent et sur la suite à donner reste du début à la fin celui du professionnel. Rien à l'écran n'en transfère la moindre part, et aucune sortie de l'outil ne justifie une décision que vous n'auriez pas prise autrement.
Ce qui reste de votre ressort :
- Décider si cette conversation se prête ou non à l'outil.
- Repérer le risque. L'outil vous aidera à le voir et ne sera jamais la raison pour laquelle vous ne l'avez pas vu.
- Vérifier directement la compréhension, comme vous le feriez dans toute conversation qui compte.
- Vous arrêter quand quelque chose ne passe pas, même si l'écran a l'air sûr de lui.
- Consigner la substance de la conversation dans vos propres systèmes, avec vos propres mots.
Le consentement et l'autre personne
La personne à qui vous parlez doit savoir ce qui se passe. Concrètement, cela veut dire :
- On lui dit qu'un outil de traduction automatique est utilisé, et qu'elle peut demander un interprète à la place.
- On lui dit si un responsable est présent. Le produit l'annonce lui-même, cela ne dépend donc pas de la mémoire de l'intervenant.
- Sur son propre appareil, l'interface est dans sa langue, de sorte que l'explication lui parvient aussi bien que les traductions.
Sachez ce qu'il fait mal
Cette page suppose que l'outil convient déjà raisonnablement à la conversation que vous avez devant vous. Savoir s'il convient à votre service dans son ensemble est une autre question, traitée par un autre document : ce que le score ne vous donne pas, les langues qu'il traite mal, et où vont les données de conversation.